Le Memory, c'est ce jeu où des cartes ou pions présentant des paires d'images identiques (ou associables) que l'on retournent pour ensuite les retrouver. C'est un jeu simple et accessible, qui ne demande rien d'autre que de la mémoire.

Le principe est tellement simple qu'on n'en compte plus les déclinaisons, autant de versions dont seul change le thème des illustrations, collant le plus souvent à la thématique du magazine dont il est le bonus, le département marketing n'étant pas très créatif niveau jeu.

Récemment, cependant, grâce à une brocante, j'ai découvert Ramses II, un jeu de société qui montre bien qu'en travaillant un peu un concept mille fois copié, on peut en renouveler l'intérêt. Qui montre aussi qu'en poussant trop le dépoussiérage, on peut faire retomber l'intérêt que l'on vient de susciter.

Ramses II est donc un jeu qui fait appel à la mémoire. Avant de parler du principe du jeu, parlons de l'emballage. Au delà de la qualité des éléments du jeu, j'ai particulièrement apprécié le soucis du détail qui, pour une thématique égyptienne, affiche sous forme de hiéroglyphe le principe de la règle sous le titre du jeu.

RamsesII-titre.jpeg

Voici ce que je pense lire : les deux mains indiquent qu'il faut lire cette suite. Puis : question, se souvenir (yeux vers le cerveau), pousser des pyramides, regarder (yeux vers le plateau), la pyramide, exclamation, corne. Que je veux bien lire : vous devez vous souvenir de l'emplacement de l'objet demandé et pousser les pyramides pour trouver la corne (la corne est un des objets du jeu).

Voilà, vous connaissez presque les règles. Ce qu'il faut ajouter est que l'on ne déplace qu'une pyramide à la fois, suivant le principe du pousse pousse, que chaque pyramide cache soit un objet soit rien et que, lors de vos déplacements pour retrouver l'objet indiqué sur la carte que vous avez pioché, révéler un autre objet vous fait perdre votre tour. Le joueur suivant prend alors le relai des recherches.

RamsesII.jpeg

Simple et astucieux, voilà qui renouvelle le sempiternel Memory pour faire travailler sa mémoire.

Les objets étant demandés plusieurs fois, et les erreurs, surtout en début de partie, faisant trouver l'emplacement des objets, la visualisation des emplacements cachés se met en place au fur et à mesure (l'emplacement des objets est différent à chaque partie).

Et cela marche vraiment bien.

Sauf que...

... l'auteur, entraîné par son idée, peut-être poussé par son éditeur, ajoute un chaos inutile à tout cela.

Les cartes de questions sont séparés en trois niveaux. Dans le premier niveau, il n'y a que des objets à trouver, mais déjà, un point chiffonne : chaque objet est demandé plusieurs fois (2 fois il me semble) avec un nombre de point différent (1 et 2). Ainsi, si vous trouvez la momie à 1 point, vous marquez 1 point. Si vous trouvez celle à 2 points, vous marquez 2 points.

Inutile ! Et frustrant ! Le sel du jeu est de se retrouver dans une sort de labyrinthe dont on se fait un plan mental. Pas d'avoir de la chance !

Chez nous, les points des cartes ne sont donc pas comptés. Seul le nombre de cartes acquises en fin de partie (on garde la carte lorsque l'on trouve l'objet) fait fois pour désigner le vainqueur.

Dans les deux autres niveaux de carte, on trouve toujours les mêmes objets rapportant plus de points (je viens de dire ce que je pensais de ce système) mais aussi des cartes « spéciales ».

L'une d'entre elle est intéressante : sa pioche entraîne une rotation du plateau. Voilà une carte intéressante, qui relève un peu la difficulté.

Mais que dire des autres : lancer des défis et en fonction de la réussite, s'échanger des cartes. Encore une fois, c'est perdre le cœur du jeu pour mettre un chaos inutile et frustrant. Celui qui gagne n'est plus forcément celui qui trouve le mieux les trésors, c'est celui qui a les meilleurs cartes...

Vous l'aurez probablement deviné, ces cartes n'ont pas le droit de cité lorsque nous jouons. Elles sont impitoyablement mises de côté.

Un jeu très sympathique, donc, qui marche sans adaptation (mises à part celles indiquées ci-dessus) pour des beaucoup plus jeunes que l'âge indiqué (8 ans, alors que nous jouons avec un enfant de 3 ans sans problème, et qu'il fait un adversaire coriace !).

Et qui montre qu'une bonne idée peut renouveler un genre, mais que vouloir en rajouter peut nuire au plaisir du jeu.