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Tag - musique

Vendredi 4 septembre 2009

Fin de chanson coupée

Il est toujours amusant (et parfois agaçant) de constater le fonctionnement de notre cerveau. Il y a un peu moins de 20 ans, un ami me faisait une copie sur cassette audio de deux albums. Malheureusement, aucun des deux ne tenaient directement sur une face de la cassette et il avait donc fait ce qui était classique à ce moment là : un réarrangement des pistes pour que cela rentre au mieux.

Et c'est ainsi que j'avais l'habitude d'entendre, à la fin de Somewhere In Time le morceau "The Evil That Men Do" de l'album Seventh Son of a Seventh Son. Malheureusement, même comme cela, la fin de la piste était coupée avec un son un peu étrange, une distorsion du son due probablement au passage de la partie magnétique à la partie non magnétique.

Et pendant quelques temps, je n'ai jamais entendu la fin du morceau.

Puis, n'en déplaise à ceux qui pensent que lorsque l'on copie de la musique, on ne l'achètera jamais, j'ai acheté le CD de l'album Seventh Son of a Seventh Son. J'ai pu découvrir la fin du morceau (quelques mesures en fait). Je me souviens que ça m'avait un peu perturbé.

Le côté amusant, c'est que donc, près de 20 ans après, lorsque j'écoute ce titre (car j'écoute toujours cet album de temps en temps) je suis toujours perturbé au moment où la cassette se coupait. Mon cerveau anticipe que la musique va se couper, j'entends même presque la distorsion mais... la musique continue.

Étrange sensation.

Dimanche 18 mai 2008

Partage de musique en train

Il y a des gens comme ça qui aiment tellement la musique qu'ils écoutent qu'ils tiennent absolument à la faire découvrir. Je ne suis pas contre, j'aime beaucoup découvrir de nouvelles choses. Le problème intervient lorsque cette découverte n'est pas proposée mais imposée et qui plus est dans des conditions déplorables.

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Jeudi 18 janvier 2007

DADVSI, tout ça pour ça.

Hier matin, j'allume la radio et un présentateur me dit (ainsi qu'à d'autres) que certaines plateformes de vente en ligne de musique vont se passer des DRMs sur une partie de leur catalogue. Et pas des moindres en plus. Suit une explication sur les difficultés que peut éprouver quelqu'un pour tout d'abord télécharger sa musique DRMisée sur ces plateformes et ensuite sur les autres difficultés qu'il a à écouter cette musique achetée.

DADVSI était donc un combat d'arrière garde nous dit Alexandre d'econoclaste.org. Je suis d'accord, mais je ne vois pas les gesticulations autour de cette loi de la même manière.

En effet, beaucoup des anti-DRMs (ceux qui ne cherchent pas le "tout gratuit", mais qui cherchent à adapter la technologie au service demandé) étaient déjà de cet avis, montrant que discuter de cette loi en urgence alors que la directive européenne était dépassée était ridicule. Ces mêmes anti-DRMs qui montraient que les DRMs étaient contre-productifs, qu'ils empêchaient le public d'écouter leur musique sereinement.

L'industrie musicale n'a toujours pas réussi à rattraper le retard qu'elle a pris en dénigrant les formats numériques au début de l'apparition de ceux-ci. Une partie d'entre elle, après avoir essayé les méthodes classiques de protection (on verrouille !) s'aperçoit que ça ne fonctionne pas.

Malheureusement, une autre partie de cette même industrie campe sur ses positions et affirme toujours que si les plateformes ne vendent pas (ce qui est déjà parfaitement contradictoire avec les chiffres qui montrent un décollage de cette façon de vendre) c'est qu'elles sont en concurrence avec des moyens illégaux qui ont, pour eux, le seul avantage d'être gratuits.

Or, ce n'est pas entre le gratuit illégal et le payant légal que le public choisi, mais entre le facile illégal et le difficile (voir impossible) légal. [1]

Les DRMs rebutent car il est difficile d'acheter (la plateforme peut forcer un certain navigateur, une version particulière de système d'exploitation, de passer par plusieurs pages d'enregistrement, d'attendre une confirmation,...) et il est difficile d'écouter (les DRMs peuvent imposer certains types de baladeurs numérique, voire une marque précise, ils peuvent limiter la copie ou le nombre d'écoutes,...).

Internet offre la possibilité de la simplicité, et tous les organismes (ce n'est pas limité aux plateformes musicales) qui n'arrivent pas à intégrer cette facilité se font rejeter en faveur de plus faciles.

Hors Internet, EMI annonce que ses CDs n'auront plus de dispositif anti-copie. Bravo ! Vivement que les autres comprennent à leur tour que les dispositifs anti-copie nuisent plus à l'acheteur honnête qu'au copieur malhonnête. Dommage, il semblerait que EMI ait pris la décision plutôt suite aux mésaventures du rootkit sur les CDs Sony que pour faciliter la vie à ses clients.

Notes

[1] Je parle bien entendu des plateformes payantes, on peut aussi choisir d'écouter de la musique facile, légale et gratuite, mais ça n'est pas le sujet ici.

Lundi 27 mars 2006

Concert de Akino Arai du 26 mars 2006

C'est devant le théatre Louis Jouvet, dans un petit coin que je ne connaissais pas à côté de l'Opéra Garnier que nous prenons notre place dans la file d'attente. D'après les billets, les portes s'ouvrent à 16h. Il est 16h et la file est déjà bien longue. Les trois quarts des spectateurs sont déjà là. Il fait beau, et heureusement, car nous attendrons jusqu'à 17h10 pour entrer, suite à un petit retard de planning que l'on est venu nous expliquer dans la queue. Bravo pour cette initiative ! Au passage, on apprend que l'ouverture des portes était initialement prévue à 16h30 et non 16h.

L'entrée se fait dans le calme, l'organisation est au top. Nous voilà installés en corbeille, quasi en face de la scène. Parfait.

C'est un tout petit théatre, tout doré, très joli. La scène, déjà petite, est rétrécie par les murs du décors. La scène est encombrée par des synthés, trois guitares, deux Mac portables, etc. On imagine déjà plusieurs choses :

  • ça va être electronique, mais pas que. On s'en doute déjà.
  • la chanteuse ne va pas beaucoup bouger, je ne vois même pas où elle va mettre les pieds. Mais ça aussi, on se doutait que l'artiste n'était pas du genre à sautiller partout.

Un roadie fait quelques mises au point sur la scène.

Quelques mises en garde (on ne fume pas, on ne prend pas de photos) et le spectacle commence. Trois musiciens s'installent dans le silence. Un à droite (enfin, côté jardin, on est au théatre) prend une guitare, un au fond prend une guitare aussi mais s'installe derrière un synthé surmonté d'un Mac et celui de gauche (côté cours donc) s'installe derrière une console qui contient visiblement un ou deux synthé, un ou des samplers, un Mac et j'en passe, je n'ai pas détaillé.

Au dessus d'eux, une vidéo démarre avec inscrit "Akino Arai European Live Tour" suivi du nom des artistes. Le public est intimidé, heureusement, quelqu'un fait la claque et tout le monde suit.

La vidéo continue, avec des montages numériques des dessins enfantins. Akino Arai arrive sur scène et le public n'a plus besoin de claque pour applaudir.

Je ne connais pas bien l'artiste. Je la connais à travers ce qu'elle a chanté pour des dessins animés, mais pas au travers de ses albums. Je découvre donc avec les premières notes un bout de son univers musical.

Ca commence comme de l'électro douce. Un peu trop douce peut-être. La chanteuse a l'air très intimidée, le son est bon mais pas très ample, le public et les musiciens se cherchent. Ca a beau être à dominance de musique electronique semi-programmée, c'est du live et ça se sent rien que dans cette recherche.

Après le premier titre et des applaudissements de bienvenue, Akino Arai lit un petit texte dans un très bon français et nous repartons pour des titres electro, electro-pop. Déjà, le guitariste de droite s'investi un peu plus. Ce qu'il sort est très inspiré de la recherche des années 70, j'entends des sons qui viennent de Yes ou de Pink Floyd il y a longtemps. Intéressant.

Etait-ce voulu ? Est-ce la magie d'un concert ? Les titres progressent et la chanteuse prend de l'assurance. Elle ose quelques phrases en japonais ou en anglais, le public réagit, elle semble plus à l'aise, les musiciens aussi et l'ambiance s'en ressent.

Au passage, un petit titre de Please Save My Earth (merci Hikaru, je n'arrivais pas à mettre le doigt sur ce titre que je connaissais) mais mis à la sauce du jour.

Et puis enfin, le synthé qui trainait tout seul au milieu de la scène depuis le début est utilisé. Akino Arai s'y installe pour chanter et jouer avec les autres musiciens. Et terminer ainsi avec un "Voices" magnifique, salué par des applaudissements très nourris.

Je pense que, tout comme moi, beaucoup de spectateurs n'avaient qu'une idée floue de qui est Akino Arai. Ce concert nous la révèle. Quand je parle d'electro ou de recherche expérimentale des années 70, je n'exagère pas. On est loin ici des idoles mièvres et pour la plupart interchangeables. La musique dans ce concert n'était pas toujours évidente à écouter ou à comprendre.

Cet univers à la fois aérien et dur, fait d'images et de sons, mélanges d'oiseaux et de fleurs aux dessins naïfs et de guitares saturés à l'extrême, le tout soutenu par la voix cristalline d'Akino Arai, est à découvrir.

À la fin du concert, avant les rappels, le public est debout, Akino Arai est très émue. Elle sort avec ses musiciens et les applaudissements ne faiblissent pas.

Ils reviennent, et la chanteuse est toujours très émue mais plus à l'aise qu'au début du concert et elle discute avec le public. Les musiciens reprennent leurs places et eux aussi ont la machoire pendante devant un tel accueil. Akino Arai les présente, ainsi que les personnes responsables de la vidéo, et chacun d'eux reçoit des applaudissement qui leur font pétiller l'oeil. On les sent heureux et surpris de cet accueil.

Après le premier rappel contenant une chanson en français malheureusement un peu malmenée par des applaudissements à peu près en rythme d'une partie du public, le public en demande encore. Akino Arai revient pour chanter a capela une petite contine en français et dire au revoir.

Et pour reprendre les mots de Ndj en sortant du concert : c'était bien.

Les musiciens lessives

Dans le secteur en pleine mutation qu'est la vente de musique, on se cherche. Et pour se chercher, il faut tester des modèles. Et on en vient à placarder une grande surface de la tête de Jean-Louis Aubert avec, pour légende : « Un grand artiste à prix très doux. »

C'était fin janvier 2006. J'avais noté la phrase dans un coin car, attendant aux caisses, je me trouvais à regarder l'affiche bêtement en me demandant si Aubert vendait de la lessive, si on cherchait à nous vendre un artiste très bien rasé ou bien si, plus terre à terre, on cherchait à nous vendre un de ses albums. Je dois avouer que je ne me souviens plus du produit. J'étais plutôt en train de me demander à quelle panne d'inspiration en avait été réduit le publicitaire pour nous sortir un argumentaire aussi banal et qui me semble généralement réservé à la vente de lessive.