Avalanche générative sur le rétro
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J'aurais du mal à imaginer qu'en venant lire ce blog, vous soyez passé à côté de la déferlante IA générative. Je ne me lancerai pas ici dans un pour ou contre, dans des analyses,... pour ça aussi, on peut dire qu'il y a déferlante, inutile que j'y ajoute un avis.
Je vais plutôt m'attarder brièvement sur un phénomène localisé : la production de jeux et outils sur plateforme rétro. Et particulièrement des portages.
Un portage, en quelques mots, c'est le principe de prendre un jeu qui existe sur une plateforme et en former une version (un port) sur une autre plateforme sur laquelle il n'était jamais sorti (ou bien en faire une meilleure version que celle qui était sortie officiellement).
Initialement, il s'agit surtout d'un défi technique, mélangé à un « et si ? ». Que donnerait tel jeu sur une autre machine ? Était-ce possible de le faire ? Quelles auraient été les contraintes ?
La démarche n'est pas tant dans le résultat final que dans le voyage de découverte, la prise de décisions, le partage. Cela reste un travail assez intense, chronophage. Mais avec la satisfaction d'avoir appris des choses, d'avoir surmonté des défis, et ne le cachons pas, un petit peu de bragging rights.
Les agents d'aide au développement, à base d'IA générative, permettent à présent de faire ces ports de manière beaucoup plus rapide, sans effort ou presque. Il se passe très peu de temps entre deux messages où quelqu'un annonce avoir porté tel jeu sur telle console ou ordinateur. Mais pour quel objectif ? Et quels résultats ?
La plupart de ces projets, quand j'ai pris la peine de les regarder au début (je ne le fais plus) arrivent à un stade « good enough » puis sont présentés. Ça fait un peu d'animation sur quelques réseaux, des échanges et puis... plus rien. Mis à part la génération de contenu vidéo de personnes qui profiteront du nouveau titre pour sortir un nouvel épisode a peu de frais, le jeu n'a pas de public. Il n'est pas terminé, personne ne l'a demandé, personne ne l'attend.
Oui, il a été prouvé que c'était possible, ce jeu pouvait être porté sur une autre plateforme. Mais à quoi bon ? La déferlante fait que ce port est chassé par un autre quelques heures plus tard. C'est une masse de productions que personne ne peut suivre. Les projets ne se terminent pas, évitant la partie la plus ardue : celle de compléter un produit complet.
Les personnes qui « font » ces ports n'ont rien appris, ou pas grand chose, et ne peuvent donc pas le partager. Il y a juste un produit en plus. Là. Pour rien ni personne.
Je trouve ça bien triste.