J'ai remarqué quelque chose : quand le matin je vois par ma fenêtre des passants avec des parapluies, il se met à pleuvoir quand je sors.

Dois-je en déduire que lorsque beaucoup de monde prend un parapluie, les nuages se mettent à pleuvoir ?

J'ai remarqué aussi que l'hiver, des bonhommes de neige apparaissent et qu'ils sont systématiquement entourés de champs de neige.

Dois-je en déduire que ces bonhommes de neige sont responsable de l'apparition de neige sur le sol ?

Cela semblerait étrange n'est-ce-pas ?

C'est pourtant l'impression que j'ai lorsque je lis des articles de journalistes parlant des influences d'un fait sur un autre, que ce soit en économie, en sciences ou en interprétant des sondages.

La confusion entre la corrélation et la causalité semble ancrée profondément. C'est un biais classique chez chacun d'entre nous lorsqu'il s'agit d'analyser des situations. Du moins dans un premier temps. Lorsque vient le second temps, celui de la réflexion, on peut mettre de côté l'instinct et réflexion à quoi entraîne quoi... si jamais deux variables ont une quelconque influence l'une sur l'autre.

Car si mes exemples absurdes du début sont des mauvaises interprétation de causalités, il arrive assez souvent de voir des corrélations, parfois indiquées comme telles dans un rapport scientifique, se transformer en causes de maux du monde, sous la plume d'un journaliste qui a oublié le second temps de la réflexion.

C'est assez vrai pour tout ce qui est étude sur les comportements alimentaires et l'influence sur la santé, ou sur des comportements sociaux et la criminalité.

Les papiers initiaux montrent des études, souvent sur des échantillons définis, limités et décris avec les constantes et variables au sein de ce groupe.

Mais seul le résultat est retenu. Si vous mangez ceci, vous avez plus de chance d'avoir cela. Pratiquer cette activité vous donne plus de risques d'avoir des problèmes.

En passant d'une population restreinte au "vous" englobant l'intégralité des lecteurs, le journaliste faute. Peut-être cherche-t-il à attirer le lecteur. Peut-être le résultat le conforte-t-il dans une opinion qu'il croit voir ainsi étayée.

C'est dommageable. Je vois le journaliste comme une personne qui, dans ses rapports et analyses, doit se montrer exemplaire, même lorsqu'il exprime une opinion. Il doit montrer ce qu'est la réflexion, ce que sont l'analyse et la restitution.

Et c'est toujours extrêmement agréable de lire un article éclairé, écrit par quelqu'un qui a pris le temps de comprendre, d’intégrer les éléments et leurs significations, de les expliquer honnêtement afin de partager la connaissance acquise aux lecteurs.

Merci à vous, vous êtes rares.