Les aventures de Mokona au pays des chonchons

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 27 mars 2006

Concert de Akino Arai du 26 mars 2006

C'est devant le théatre Louis Jouvet, dans un petit coin que je ne connaissais pas à côté de l'Opéra Garnier que nous prenons notre place dans la file d'attente. D'après les billets, les portes s'ouvrent à 16h. Il est 16h et la file est déjà bien longue. Les trois quarts des spectateurs sont déjà là. Il fait beau, et heureusement, car nous attendrons jusqu'à 17h10 pour entrer, suite à un petit retard de planning que l'on est venu nous expliquer dans la queue. Bravo pour cette initiative ! Au passage, on apprend que l'ouverture des portes était initialement prévue à 16h30 et non 16h.

L'entrée se fait dans le calme, l'organisation est au top. Nous voilà installés en corbeille, quasi en face de la scène. Parfait.

C'est un tout petit théatre, tout doré, très joli. La scène, déjà petite, est rétrécie par les murs du décors. La scène est encombrée par des synthés, trois guitares, deux Mac portables, etc. On imagine déjà plusieurs choses :

  • ça va être electronique, mais pas que. On s'en doute déjà.
  • la chanteuse ne va pas beaucoup bouger, je ne vois même pas où elle va mettre les pieds. Mais ça aussi, on se doutait que l'artiste n'était pas du genre à sautiller partout.

Un roadie fait quelques mises au point sur la scène.

Quelques mises en garde (on ne fume pas, on ne prend pas de photos) et le spectacle commence. Trois musiciens s'installent dans le silence. Un à droite (enfin, côté jardin, on est au théatre) prend une guitare, un au fond prend une guitare aussi mais s'installe derrière un synthé surmonté d'un Mac et celui de gauche (côté cours donc) s'installe derrière une console qui contient visiblement un ou deux synthé, un ou des samplers, un Mac et j'en passe, je n'ai pas détaillé.

Au dessus d'eux, une vidéo démarre avec inscrit "Akino Arai European Live Tour" suivi du nom des artistes. Le public est intimidé, heureusement, quelqu'un fait la claque et tout le monde suit.

La vidéo continue, avec des montages numériques des dessins enfantins. Akino Arai arrive sur scène et le public n'a plus besoin de claque pour applaudir.

Je ne connais pas bien l'artiste. Je la connais à travers ce qu'elle a chanté pour des dessins animés, mais pas au travers de ses albums. Je découvre donc avec les premières notes un bout de son univers musical.

Ca commence comme de l'électro douce. Un peu trop douce peut-être. La chanteuse a l'air très intimidée, le son est bon mais pas très ample, le public et les musiciens se cherchent. Ca a beau être à dominance de musique electronique semi-programmée, c'est du live et ça se sent rien que dans cette recherche.

Après le premier titre et des applaudissements de bienvenue, Akino Arai lit un petit texte dans un très bon français et nous repartons pour des titres electro, electro-pop. Déjà, le guitariste de droite s'investi un peu plus. Ce qu'il sort est très inspiré de la recherche des années 70, j'entends des sons qui viennent de Yes ou de Pink Floyd il y a longtemps. Intéressant.

Etait-ce voulu ? Est-ce la magie d'un concert ? Les titres progressent et la chanteuse prend de l'assurance. Elle ose quelques phrases en japonais ou en anglais, le public réagit, elle semble plus à l'aise, les musiciens aussi et l'ambiance s'en ressent.

Au passage, un petit titre de Please Save My Earth (merci Hikaru, je n'arrivais pas à mettre le doigt sur ce titre que je connaissais) mais mis à la sauce du jour.

Et puis enfin, le synthé qui trainait tout seul au milieu de la scène depuis le début est utilisé. Akino Arai s'y installe pour chanter et jouer avec les autres musiciens. Et terminer ainsi avec un "Voices" magnifique, salué par des applaudissements très nourris.

Je pense que, tout comme moi, beaucoup de spectateurs n'avaient qu'une idée floue de qui est Akino Arai. Ce concert nous la révèle. Quand je parle d'electro ou de recherche expérimentale des années 70, je n'exagère pas. On est loin ici des idoles mièvres et pour la plupart interchangeables. La musique dans ce concert n'était pas toujours évidente à écouter ou à comprendre.

Cet univers à la fois aérien et dur, fait d'images et de sons, mélanges d'oiseaux et de fleurs aux dessins naïfs et de guitares saturés à l'extrême, le tout soutenu par la voix cristalline d'Akino Arai, est à découvrir.

À la fin du concert, avant les rappels, le public est debout, Akino Arai est très émue. Elle sort avec ses musiciens et les applaudissements ne faiblissent pas.

Ils reviennent, et la chanteuse est toujours très émue mais plus à l'aise qu'au début du concert et elle discute avec le public. Les musiciens reprennent leurs places et eux aussi ont la machoire pendante devant un tel accueil. Akino Arai les présente, ainsi que les personnes responsables de la vidéo, et chacun d'eux reçoit des applaudissement qui leur font pétiller l'oeil. On les sent heureux et surpris de cet acceuil.

Après le premier rappel contenant une chanson en français malheureusement un peu malmenée par des applaudissements à peu près en rythme d'une partie du public, le public en demande encore. Akino Arai revient pour chanter a capela une petite contine en français et dire au revoir.

Et pour reprendre les mots de Ndj en sortant du concert : c'était bien.

Les musiciens lessives

Dans le secteur en pleine mutation qu'est la vente de musique, on se cherche. Et pour se chercher, il faut tester des modèles. Et on en vient à placarder une grande surface de la tête de Jean-Louis Aubert avec, pour légende : « Un grand artiste à prix très doux. »

C'était fin janvier 2006. J'avais noté la phrase dans un coin car, attendant aux caisses, je me trouvais à regarder l'affiche bêtement en me demandant si Aubert vendait de la lessive, si on cherchait à nous vendre un artiste très bien rasé ou bien si, plus terre à terre, on cherchait à nous vendre un de ses albums. Je dois avouer que je ne me souviens plus du produit. J'étais plutôt en train de me demander à quelle panne d'inspiration en avait été réduit le publicitaire pour nous sortir un argumentaire aussi banal et qui me semble généralement réservé à la vente de lessive.

samedi 18 mars 2006

Recommandés et paquets

Je cherchais un contact par mail à La Poste dans le style « vos suggestions » mais n'ai rien trouvé. J'ai peut-être mal cherché.

Vous êtes peut-être dans la même situation que la mienne : le facteur vient livrer vos recommandés lorsque vous êtes au boulot. La livraison des paquets à domicile se fait sensiblement dans les même conditions. Et donc vous recevez à la place ce petit papier qui vous accuse presque de ne pas être chez vous et qu'il faudrait donc venir chercher la lettre ou le colis à tel bureau de poste.

J'ai de la chance, le bureau de poste auquel je suis rattaché emploi des gens sympathiques et l'attente n'est que rarement longue lorsque je m'y rends. Et lorsque je m'y rends, bizarrement, la file d'attente est constituée presque exclusivement de personnes munies d'un petit papier leur signalant qu'ils n'étaient pas chez eux lorsque La Poste est venue s'y présenter.

Deux constats :

  • La Poste envoie un employé faire une tournée pendant laquel il va se casser le nez à plusieurs endroits. Une certaine perte d'énergie et de temps. Dans le cas où la tournée se fait en voiture, il y a en plus utilisation d'un véhicule pour rien.
  • Le destinataire qui n'est pas là doit faire un trajet jusqu'à son bureau de poste, avec une autre perte de temps et d'énergie (sans compter que là encore, certains iront en voiture).

Il me semble qu'il fut un temps, il y avait plusieurs tournées. C'était un autre temps bien entendu, celui où on avait le temps. Mais justement, si, dans mon cas, je recevais mes paquets et recommandés en soirée, je ferais moins perdre de temps à La Poste et elle m'en ferait moins perdre.

Mais d'autres voudraient bien recevoir leur courrier et paquets le matin 1. Comment faire ?

La solution qui consisterait à s'enregistrer auprès de La Poste pour un horaire du soir est la première idée qui me vient, mais cela poserait peut-être trop de problèmes d'organisation, en plus de donner à La Poste un fichier avec une donnée personnelle que l'on est en droit de ne pas vouloir diffuser.

L'autre solution serait d'écrire sur le recommandé ou le paquet la tournée concernée, celle du matin ou celle du soir. Cela suppose que l'expéditeur soit au courant de notre choix. Dans le cas d'un magasin par correspondance, il suffit de l'indiquer à la commande, dans le cas de correspondance privée, il suffit d'avertir son correspondant. Reste les administrations, qui ne prendront probablement cette peine que si cette idée passe dans les moeurs.

Il existe déjà, lorsque l'on envoit un colis, des préférences : livraison en main propre, dans la boite,... Une préférence en plus ne pose à mon avis pas de gros problèmes de traitement.

Bien entendu, je ne connais pas les détails d'organisation d'un centre de tri. Il y a peut être des raisons évidentes pour lesquelles ce n'est pas faisable. Il serait juste dommage que cela ne soit pas fait uniquement parce que personne ne l'a envisagé, ce qui me semblerait étrange.

[1] À ce propos, je me demande d'où vient cette idée collective que le courrier doit arriver le matin ?

vendredi 17 mars 2006

Le dernier album de...

Avant-hier, je faisais un petit saut à la FNAC, avec dans l'idée d'acheter un CD. Je savais ce que je voulais. À peine entré, une évidence me frappe : le dernier Placebo est sorti. Impossible à louper, il y en a partout. Des montagnes de CD de Placebo. Certes, j'étais au courant car j'avais lu dans l'après-midi un message concernant la protection présente sur ce CD.

Peu importe, ce n'est pas ça que je suis venu acheter.

Je me rends au niveau CD, je jette un coup d'oeil sur les nouveautés puis je fouille les bacs. Et c'est là que commence à s'insinuer l'agacement : depuis que je suis arrivé dans le secteur des CDs, un extrait d'une dizaine de secondes d'un morceau de Placebo (la voix du chanteur est facile à reconnaître) tourne en boucle. Je jette un oeil : un DVD est laissé sur le menu. C'est le fautif.

Je continue à fouiller dans les bacs... je trouve même le CD que je cherche. Mais, non, impossible de tenir, l'extrait de Placebo me gâche tout le plaisir de la découverte du CD. Je le repose et je fuis. Deux rayons plus loin, j'entends toujours cette saleté d'extrait. L'extrait est à la fois impossible à retenir, car les dix secondes ne laissent se dégager aucun thème, et à la fois pénétrant au point que j'ai l'impression de le connaitre par cœur.

Je file au rayon des bouquins. Ouf, je ne l'entends plus. Je flanne, je trouve un bouquin sympa, je vais aux caisses et me voilà parti avec un bouquin.

Ce n'est pas la première fois que j'entends un DVD tourner en boucle dans le menu. Et je me demande à chaque fois comment les employés qui travaillent à proximité peuvent supporter ça. Je me demande aussi ce qu'il se passe dans la tête de celui qui décide que cela sera bon pour les ventes. Si c'est le marketing chargé de la promotion d'un disque qui demande un tel placement, alors je lui dis immédiatement « stop ! ». Ça agace. Non seulement ça m'a dégouté pour un bout de temps de Placebo, mais ça m'a empêcher d'acheter le CD que j'étais venu chercher.

Mais assommer à l'air d'être une méthode marketing valide. Après tout, en sortant, je me suis fait à nouveau aggressé par les montagnes de CDs de Placebo et les nombreuses affiches criant que le CD était sorti, des fois que cela nous soit passé innaperçu.

Voilà une vente ratée qu'on ne pourra pas, pour peu que l'on soit honnête, mettre sur le compte du téléchargement sauvage.

jeudi 16 mars 2006

MP3, ou bien MP3 ?

Hier, je lisais le compte rendu analytique d'une des scéance de l'assemblée concernant la loi DADVSI, toujours un peu étonné que des mots comme mp3, logiciels libres, voire même Linux, aient fait leur chemin jusque là, lorsqu'une mini-dispute entre deux députés m'a fait sourrire.

Il est de bon ton de se disputer à l'assemblée. Malgré de constants « nous ne devons pas être divisés sur ce point », « nous devons aller au delà des clivages droite gauche », il y a toujours un député pour rappeler que ceux d'en face sont intrinséquement dans le faux car ils ont choisi le mauvais camp.

Ici, point de mention à un quelconque camp. Juste une petite dispute sur un terme technique.

M. Christian Paul - M. Wauquiez nous a dit tout à l'heure que l'amendement proposé allait permettre de déverrouiller les fichiers MP3 des plates-formes commerciales...

M. Laurent Wauquiez - Je n'ai pas dit cela !

M. Christian Paul - C'est oublier qu'il n'y a pas de DRM sur les fichiers MP3 !

Et là, je me dis : bravo monsieur Paul. Ça fait plaisir de voir quelqu'un qui connait un peu son sujet.

Plus loin, M. Wauquiez contre attaque

M. Laurent Wauquiez - J'ai beaucoup d'estime pour les capacités techniques de M. Paul, moins pour ses capacités d'écoute. Je vais donc lui redire ce que j'ai dit tout à l'heure. Dans une version accessible à tous, d'abord : quand vous téléchargez un fichier MP3 sur Itunes et que vous essayez de le lire sur autre chose que votre Ipod, vous pouvez avoir des problèmes. Dans une version plus technique : les fichiers MP3 sont des fichiers de compression et peuvent donc comporter des MTP.

Et là, mon oeil s'arrondi. Je n'ai pas d'iPod. Mais je ne vois pas bien pourquoi un fichier MP3 n'irait pas sur un lecteur MP3. Certes, il peut être watermarqué. Mais est-ce vraiment utilisé dans la pratique ? Sur iTunes ? Apple a son propre format pour garantir la non-opérabilité.

M. Paul ne peut laisser passer ça. Plus loin (bien plus loin, je pensais même qu'ils allaient en rester là) :

M. Christian Paul - ... Sans vouloir alimenter une querelle personnelle avec M. Wauquiez, je souhaite lui faire observer que les fichiers téléchargés sur iTunes ne sont pas au format MP3, et qu'ils sont encodés via des mesures techniques de protection de type FairPlay. ...

Et paf. M. Paul a déjà utilisé iTunes. Je souris, mais M. Wauqiez n'en reste pas là :

M. Laurent Wauquiez - Un mot pour dire à Christian Paul que les normes MP3 et MP4 sont des formats de compression, auxquels peuvent s'appliquer des mesures techniques de protection conformes à nos standards. La critique qu'il m'a adressée tout à l'heure est donc parfaitement infondée et traduit sa méconnaissance du sujet.

Ah ! Et là je dis bravo. Est-ce que vraiment M. Wauqiez parlait de la norme mp3 dès le début, ou bien se rattrape-t-il aux branches ? Il faudra que je lise la transcription complète pour me faire une idée. Le compte-rendu analytique leur prête bien à tous deux le terme de « fichier mp3 » depuis le début de la dispute. Et un fichier mp3, même entre informaticien, cela désigne le type de fichier communément appelé ainsi, et non « un fichier contenant des données sons codées au format mp3 ».

M. Paul ne répondra pas à cette dernière provocation, et il fait bien, il y a d'autres choses plus importantes.

Mais imaginons que M. Wauquiez et M. Paul soient tous deux de bonne foi. Un fait navrant subsiste : la dispute est engendrée par le fait que tous deux utilisent un même terme (ou plutôt, sensiblement le même terme), pour désigner des choses très différentes. C'est inquiétant lorsqu'il s'agit de débattre d'un projet de loi contenant des termes techniques.

Il est d'ailleurs à noter que la définition de ces termes techniques est souvent réclamée par quelques députés. Et si certains les manipulent avec aisance et, lorsqu'ils en parlent, ont l'air de mettre un concept clair derrière les mots, il suffit de regarder un morceau de scéance en direct pour s'apercevoir que d'autres ont des difficultés à prononcer ne serait-ce que le nom de ces concepts, en alignant derrière des phrases qui montrent une vraie méconnaissance de l'informatique.

Mis à part ça, le site de l'assemblée nationale est pas mal du tout, mis à part le choix un peu limité (et douteux) des formats de diffusion des scéances en direct.

mercredi 15 mars 2006

La potion de longévité

C'était sur une chaîne de télévision, dans une de ces « émissions » de cinq minutes plus prétexte à caser deux annonceurs (ou deux spots pour le même annonceur) qu'autre chose. Le prétexte ici était de nous révéler qu'une bouilloire pouvait être un objet de décoration moderne.

Voici, de mémoire, l'introduction du propos : « vous pensiez que la bouilloire avait toujours fait partie de votre vie et pourtant, son histoire débute au XVIIième siècle. »

La présentatrice n'avait pourtant pas l'air si âgé. En ce qui me concerne, je peux affirmer que la bouilloire était déjà de ce monde que je ne l'était pas.